Artistik Productions

Promotion d'artistes en émergence par le soutien technique et logistique, l'aide à la diffusion des oeuvres et l'insertion professionnelle; promotion d'activités artistiques et culturelles, ateliers découverte, prestations de service

29 avril 2007

Le Premier Venu

« LE PREMIER VENU »

un film de Jacques DOILLON

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Liaison Cinématographique est heureuse de vous annoncer la sortie en salles ce mercredi 2 avril du film :

« LE PREMIER VENU »

réalisé par Jacques DOILLON

avec Clémentine BEAUGRAND, Gérald THOMASSIN et Guillaume SAURREL.

" Finesse, Intelligence, Elégance. " Télérama
" Du cinéma terriblement vivant ! " Studio
" Un film subtil et délicieusement cruel qui rappelle le talent et la singularité de son auteur. " Le Point
" Un véritable plaisir à ne pas bouder. " MCinéma
" Des jeunes acteurs pleins d'amour et de générosité, comme cette histoire, tout simplement... " JT France 2

A Paris dans les salles : UGC Ciné Cité Les Halles, Gaumont Opéra, MK2 Quai de Seine, MK2 Hautefeuille, 7 Parnassiens, Escurial Panorama et dans les principales villes de France...


Jacques Doillon is back
Posté dans Cinéma le 18.03.2008 par Serge TOUBIANA

Quand ça va mal, lorsque le moral est bas, que tout ce qui provient du monde extérieur est sinistre ou médiocre, rien de mieux qu'un film, un beau film, pour vous remettre d'aplomb. Le nouveau DOILLON, Le premier venu a des vertus incroyables, une sorte d'effet vitamine qui fait que tout d'un coup, le cinéma redevient un territoire magique, enfantin, fascinant, à vif. Des bons films, le cinéma (y compris français) n'en manque pas. Mais des films comme celui-ci sont rares. Très rares. Avec sa fragilité, sa fugacité, son
caractère impulsif et vagabond, Le premier venu a tout du film hors normes, non prévu par le logiciel du cinéma français actuel. Il est vrai que DOILLON, ces dernières années, s'est fait rare. J'avais beaucoup aimé son film précédent : Raja (2003). L'avant-dernier aussi : Carrément à l'Ouest (2000). Sauf que, de décennie en décennie, DOILLON tourne moins. Mauvais signe, mauvais indicateur du cinéma français. Quelques chiffres.

Années 80 : Doillon tourne 9 films - entre La Fille prodigue (1980) et La Vengeance d'une femme (1989). Années 90 : 7 films ­ entre Le Petit criminel (1990) et Petits frères (1998). Années 2000 : 3 films à ce jour, Carrément à l'Ouest, Raja et Le premier venu.

Quelque chose, le système comme on dit, la machine à financer, à fabriquer, à diffuser des films, ne le considère plus en odeur de sainteté. DOILLON est carrément contraint de faire la manche pour réaliser ses films. Mais, étant fier et valeureux, il se met de côté. Mange de la vache enragée en attendant des jours meilleurs. Au moment où la Cinémathèque française lui rendait hommage, en octobre 2006, je le voyais ruminant sa solitude, ayant beaucoup de peine à entrouvrir les portes d'interlocuteurs obligés : décideurs des chaînes de télévision, producteurs ou distributeurs. Le cinéma français a tort de passer à côté d'un cinéaste de cette trempe. Et puis, le miracle a eu lieu : DOILLON a réussi à faire son film avec des bouts de
ficelle. Mais ces ficelles sont si élégantes, et le récit s'entremêle de manière si envoûtante, que le spectateur n'y verra que du feu. Comme on dit qu'il y a des gens dépourvus mais dignes, Le premier venu est à mes yeux un film pauvre où tout est grâce.

Ce qu'il y a de magnifique c'est justement l¹impulsion, le désir, la vitesse, le langage, avec lesquels une poignée de personnages jouent leur vie, leur destin, leur va-tout. Et nous entrainent avec eux. Comme souvent dans ses films, DOILLON opère une combinaison bizarre entre le mouvement et le langage, le cinéma et le théâtre, imposant avec douceur et fermeté une mise en scène physique sur un territoire donné, un bout de lande où se joue une espèce de tête-à-queue entre quatre personnages, jeunes, deux hommes et
deux filles, dans un chassé-croisé aventureux. Jeux de piste et sortie de piste. Il faut voir la délectation avec laquelle DOILLON, grâce à une mise en scène tout en rythme, change d¹aire, pour suivre au gré de leurs impulsions ses personnages. DEBUSSY, qui égrène quelques notes d'un prélude, une Sérénade  interrompue, à chaque changement de journée, a trouvé là son complice.

DOILLON a le talent, le génie de dénicher de nouveaux acteurs. Clémentine BEAUGRAND, qui joue pour la première fois au cinéma (Camille dans le film) ne ressemble à aucun personnage féminin du cinéma français actuel. Plus vraie, un peu garçon manqué. Elle débarque (d'un train venu de Paris qui la dépose nulle part, au Crotois dans la Somme), déboule dans le paysage, mal attifée, à peine coiffée. Au fil des scènes, Camille devient irrésistible, indispensable, habitant le film de ses silences, de sa démarche, de son mystère. Celui à qui elle se colle, ne voulant pour rien au monde le lâcher, pour le sauver de ses propres pulsions négatives et, ce faisant, pour se sauver elle-même ou se donner une raison de vivre, ce « premier venu » donc, n'est autre que Gérald THOMASSIN, dont les connaisseurs du cinéma de DOILLON se souviennent pour l'avoir découvert il y près de vingt ans dans un très beau film : Le Petit criminel. Gérald THOMASSIN (Costa dans le film) est une pile électrique, un acteur monté comme un ressort, une boule de nerfs, un être à vif. Il est exceptionnellement rare de voir un acteur français jouer comme le fait THOMASSIN. Enfantin et magnifique : un être désespéré, un petit caïd jouant chaque scène avec une intensité physique digne des plus grands acteurs américains. Costa revient chez lui sans le sou ; il n'a plus vu sa petite fille depuis trois ans. Vagabond, hors-la-loi. Le film va servir d'expérience, de mise à l'épreuve de ces deux jeunes gens, dans une relation où l'amour se mêle à la compassion, l'attirance au rejet.

Comme toujours chez DOILLON, pour être deux il faut être trois. L'autre, le voyeur, l'analyseur ou le catalyseur, qu'importe, est un jeune flic, Cyril (Guillaume SAURREL). Ami d'enfance de Costa. Mais lui a bien tourné ­ si l'on peut dire. Se joue alors une sorte de comédie de jeux de rôles, avec permutation, équivoque, sentiments, recherche d¹une harmonie impossible et pourtant à portée de main.

Hier, lors de la projection en avant-première à la Cinémathèque, le public riait souvent. Car le film de DOILLON est drôle, nerveux, intact dans sa visée romanesque. Allez-y, dès sa sortie le 2 avril. Vous m'en direz des nouvelles.

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Commentaire
Antoni COLLOT a écrit le 19.03.2008

Qui nous dira la troublante et triangulaire histoire de ces images-là ? Ah ! du moins aucun spectateur n'a pu se vanter d'avoir dompté ce récit ; ils se sont réjouis pleinement ; le film s'est offert lui-même : ils se sont repus, ils se sont livrés aux magiques regards qui déchaînent, ceux de Clémentine BEAUGRAND et de Gérald THOMASSIN. Que peut-il raconter celui qui a vu hier les rivages du Premier venu ? Ces yeux nourris dans les dunes, les chambres d¹hôtels, ces voix ardentes qui pourraient brûler la langue ? À 20h15, le 17 mars 2008, les regards, les voix, les fauteuils carmin, enfin tout ce qui pouvait faire face à l'écran blanc troué de petites valves, comme une peau, pour respirer, avait été mis au large. Le film commença, fit comme un sursaut de joie, et engloutit en un instant, dans la langue rare de Jacques, les spectateurs ravis, enlevés et élevés au-dessus de leurs fauteuils carmin, pris dans le tourbillon-DOILLON. Sortis, ébaubis de joie-cinéma, le premier spectateur se demanda pourquoi il avait dû attendre cinq ans pour revivre ce cinéma-joie-là.


Posté par artistikprod à 14:07 - COTE ECOLE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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